Tuesday, September 21, 2010

Musique et autres dans nos écoles publiques!


La semaine dernière, j’ai visité un collège public non loin de chez moi. Rien de bien différent par rapport au collège (public également) où j’ai étudié à part quelques peintures murales peu attrayantes et un petit plus : En fait, deux nouvelles matières sont ajoutées au cursus : Le solfège et l’éducation familiale.

Cela m’a fait plaisir de l’apprendre car nos élèves ont grandement besoin un ; de matières qui leur permettent de se divertir tout en enrichissant leur culture artistique, et deux ; d’éducation sociale plus proche de la réalité que nous vivons tous les jours.

Je n’ai pas encore eu l’opportunité de voir de près le programme de ces deux matières, mais dès que j’y perçois quelque chose d’intéressant je publierai un petit billet.

Stay tuned !

Thursday, September 16, 2010

Des écoles au lieu de mosquées !!!

Saida a dix-neuf ans. Comme ses camarades de classe qui ont réussi au bac, elle s’inscrit à l’université d’Oujda pour compter parmi les peu fortunés de son entourage qui auront accès à des études universitaires. En effet, dans sa petite famille, elle a été la seule à avoir pu échapper à la vie de campagne et ses aléas. Ses aînés qui n’ont pas été à l’école s’occupent toujours du bétail, de la cuisine, de la terre…

Saida s’est inscrite dans la filière Physique-Chimie car elle aime les sciences. En discutant avec elle pourtant, elle me fait part de ses craintes. A la cité universitaire d’Oujda, il n’y a pas suffisamment de capacité pour loger tous les étudiants inscrits à la fac. Les responsables ont alors recours au tirage au sort pour sélectionner les étudiants. Bien entendu, ce processus n’est pas forcément le plus efficace, en effet, il serait plus juste de sélectionner les étudiants selon leurs moyens financiers, mais je suppose que cela feraient à l’administration un peu plus de travail, alors ils en font fi ! Et tanpis pour les étudiants issus de milieux très pauvres. Car Saida, si elle n’est pas admise sur tirage au sort, eh bien elle quitte l’université. Elle parlait d’une autre option : changer de branche, par exemple, s’inscrire dans la filière Philosophie qui ne lui demanderait pas d’être présente au cours de manière systématique, comme çà, elle pourra rester en campagne et réviser pendant qu’elle garde les moutons en montagne.

Je n’essaie pas d’être ironique, mais c’est la réalité amère. Il m’est impensable de voir à quel point les vies des gens peuvent balancer sur des coups de chance ridicules. Il ne faut pas que ce soit ainsi lorsqu’il s’agit d’éducation. Saida, comme il y en a plein au Maroc, doit avoir le droit de poursuivre ses études en Physique et construire sa petite vie.

Appel : A ceux qui continuent de construire de plus en plus de mosquées à des distances très rapprochées les unes des autres, PRIERE de penser à sauver ces étudiants. Construisez des cités universitaires à la place, faites des dons…

N’attendons pas qu’un Fqih sorte la fatwa qui dira que « Si quelqu’un construit une école ou un internat pour les élèves, alors Allah lui Construira 10 maisons en paradis ». Le parallélisme est clair : Jadis, la mosquée était le lieu d’apprentissage. Aujourd’hui, çà se passe dans un endroit différent appelé école ou université. Il nous suffit de suivre le bon sens, de faire travailler nos têtes, et tout le reste suivra.

A bon entendeur !

Sunday, August 22, 2010

L’école qui nous fait dignes ou soumis

Histoire

Cette semaine, j’ai enfin pris mon courage entre mes deux mains, et décidé de parcourir le chemin fastidieux de renouvellement de ma carte nationale biométrique. Ce fut une aventure tellement … unique... que je voulais vous la raconter.

5 heures du matin, je saute dans la voiture et cours vers le commissariat affecté à l’arrondissement où j’habite, laissant derrière moi la petite qui dort en priant qu’elle ne se réveillera pas avant mon retour. A mon arrivée, deux silhouettes se découpent dans la nuit encore tombante devant la porte du bâtiment. Salamalecs échangés, et je demande à inscrire mon nom sur la « liste ». Je suis 13 ème dessus, ouf ! On m’explique d’emblée que la liste est « gardée » par la dernière personne qui y inscrit son nom. Ingénieux ! Je serais donc la gardienne et protectrice de la liste avant de la confier au prochain venu. Je rêve ! Y a-t-il sur terre un gouvernement respectable qui fait venir ses citoyens à une heure aussi incroyable pour un papier administratif bidon ?! Je refoule en mon intérieur la rage de toutes ces pensées qui me démangent d’ores et déjà. Au même moment, une autre femme apparaît accompagnée de son père âgé, puis une troisième. On voulait un homme pour assumer la garde… tout compte fait, deux femmes ont accepté de prendre la relève ; la nouvelle arrivée, et une autre qui était là depuis 4h du matin. Elles m’ont gentiment pressée de retourner voir ma fille. Rendez-vous à 7h30 pour assister à « l’appel ».


7h40, je rejoins mes nouvelles « amies » dans une file d’attente qui s’était formée de l’autre côté du boulevard – pour une raison ou une autre, il nous était interdit d’utiliser la salle d’attente du commissariat, drôle comme décision ! Aussitôt, je demande après la liste. On me murmure qu’elle est bien cachée, et que le nombre d’inscrits a atteint 50 personnes, juste le nombre que le commissariat accepte quotidiennement. Pour trois quartiers en entier, 50 était un nombre qui n’équivalait en ridicule que les personnes qui ont pu l’inventer. Mais bon! Me dis-je. Je prends place par terre, et attends avec les autres.

Vers 8h, des nouveaux arrivés apparaissent demandant à s’inscrire sur la liste, et le jeu commence ! Tout le monde se met à nier avoir connaissance de qui avait la liste. Je savais pertinemment que l’une des femmes qui avaient assumé la garde l’avait. Mais nous savions aussi que deux jours plus tôt, un incident s’était produit où la liste avait été déchirée par des citoyens mécontents. Prenant peur que le même scenario se reproduise, nous gardons silence, certaines que de toute façon le commissariat ne prendra pas plus de 50, et essayant d’en convaincre ces nouveaux arrivés.

9h, on nous fit rentrer, enfin, au commissariat. Un agent fait l’appel des personnes inscrites sur la liste d’un ton où l’arrogance prend le dessus sur la politesse…la remise des dossiers démarre, tant bien que mal… Sans surprise, des aberrations prennent place comme cette demoiselle, non inscrite sur la liste, qui se voit servie bien avant nous autres... Ma colère finit par être asphyxiée par le mutisme de la présence, et je demande seulement à quitter l’endroit.

Rétro

Dans tout cela, ce qui m’a rongée n’est pas le fait que je me sois déplacée très tôt dans la matinée pour une course, mais la réalité amère qu’en tant que citoyens, nous avons été tellement aliénés qu’aujourd’hui nous acceptons tout bonnement ce genre de situations.

Nous acceptons de ne pas lever nos voix contre la démission de l’Etat de l’une de ses fonctions principales. Nous acceptons de ne pas condamner la corruption…

En France, on apprend aux enfants que le citoyen se révolte pour ses droits, et en conséquence les français ont la drôle de réputation d’être un peuple toujours prêt à faire des grèves. Aux Etats-Unis, l’élève apprend à challenger l’instituteur par ses idées et ses points de vue sans que cela ne lui coûte des notes en moins…

Dans nos écoles, on nous apprend à avaler tout ce que dit le maître/la maîtresse, de ne rien remettre en question au risque d’être « mal élevé » et donc puni. On finit ainsi par enterrer, doucement et lentement, la seule flamme qui permette encore à l’homme d’évoluer : l’esprit critique… tout cela, pour que nous soyons exactement ce que nous sommes aujourd’hui. Est-ce une pure coïncidence ? Si çà ne l’est pas, alors c’est sacrément bien réfléchi !

Saturday, July 31, 2010

Enseignement Supérieur : Parlons réforme

Le plan Urgence apporte un souffle nouveau à l’enseignement supérieur au Maroc. Stratégies compétitives, innovations dans le mode de gestion des établissements, restructurations dans les curricula… tous, ainsi que d’autres, promettraient de mettre le pays sur un piédestal satisfaisant en matière d’enseignement.

Mais, la recette serait-elle complète ?...


En effet, c’est bien …

…que l’on pense aujourd’hui à gérer les universités publiques comme des entreprises privées avec des stratégies clairement transcrites, des objectifs annuels (mesurables ou pas, reste à savoir…), et des « bosses » aux esprits flexibles vis-à-vis du changement et du renouveau. Pragmatisme serait donc le mot d’ordre dans ce processus d’émulation du système privé. Il paraît même, au fait, que l’on ait inséré des mastères payants au sein d’universités publiques afin que les étudiants se sentent plus responsables envers leurs études, et dans l’objectif de réduire, voire d’éliminer le phénomène « d’Etudiants touristes » dans les facultés.

Un autre atout est l’implication progressive des entreprises dans le cycle académique supérieur dans le but de garantir une transition plus effective et efficace des nouveaux lauréats lors de leur insertion dans le marché du travail.

Applaudissement ! Çà réchauffe le cœur quand même !

(Pour plus de détail, voir le dossier spécial que l’Economiste a dédié à ce sujet, Numéro 3329 du 28 Juillet 2010)


Mais…

…Il semblerait que l’on ait encore des bâtons à éliminer. En effet, la réforme devrait prendre en considération un élément central au système d’enseignement ; il s’agit du corps enseignant. Combien d’enseignants, aujourd’hui dans les facs du Royaume, font leurs cours au complet, ne ratent pas des séances, font le suivi avec les étudiants, et surtout font de la recherche scientifique, et donc des publications régulières ? Ayant une connaissance assez bonne de ce secteur, je répondrais « très très peu ». Sans m’attarder sur les détails des pratiques malhonnêtes de plusieurs enseignants qui préfèrent passer le plus beau de leurs temps dans leurs affaires privées que dans les facultés, je préfère proposer des solutions.

Si l’on a décidé de passer à un mode de gestion « pragmatique », alors soyons pragmatiques jusqu’au bout. Je veux dire par là que les enseignants ne devraient pas choisir de faire ce métier parce qu’il leur permet d’avoir « plus de temps libre ». Un enseignant devrait être rémunéré pour sa performance (Pay for Performance, comme diraient les Américains). La performance d’un professeur est mesurée par le nombre d’heures qu’il/elle enseigne, par le nombre de publications annuelles, par le nombre de séminaires auxquels il/elle aurait participé, mais aussi par l’évaluation effectuée par les étudiants eux mêmes (ce qui est appelé en langage business L’évaluation à 360 degrés).

La performance de l’enseignant serait donc mesurée par l’ensemble de ces critères – non-exhaustifs, et le renouvellement de son contrat d’enseignement au sein de l’université devrait justement en dépendre. Voilà comment çà se passe généralement dans une entreprise si l’on veut réellement émuler le système privé.

J’attire l’attention au fait que ce mode de gestion (pragmatique) fonctionne très bien dans les pays avancés où la science et le développement vont de pair.

J’avoue aussi que cette transition demandera beaucoup de courage à nos décideurs. Mais nous savons tous très bien que sans l’audace de faire face à nos problèmes de manière rationnelle et courageuse, nous serions entrain de nous faire absorber, tout doucement, dans une spirale de déperdition d’argent, d’énergie, et de temps.

Thursday, July 8, 2010

La Darija comme langue d’enseignement : GO / NO GO ?


Un colloque international sur les langues organisé à Casablanca, des articles dans les journaux, et la polémique reprend de plus belle ! Le sujet : Introduction ou pas de la Darija (langue parlée au Maroc) dans le système d’enseignement Marocain.


L’argument des partis « Pour » :

Alors que le petit chinois apprend à lire en chinois, le petit américain en anglais, le petit turque en turc…pour lesquels ces langues sont toutes leurs langues parlées, le petit marocain, dès sa rentrée à l’école primaire, fait face à des entraves linguistiques majeures. En effet, la langue qu’il a toujours entendue parler autour de lui étant la darija, il se retrouve devant un nouveau répertoire linguistique, l’arabe classique, qu’il est sensé maitriser comme langue maternelle. Or, l’arabe classique, pour l’enfant de six ans, n’est autre qu’une langue à peine familière à son oreille. Plus encore, deux ans plus tard, cette même oreille devrait se familiariser avec et apprendre les nouveaux sons et mots de la langue française, deuxième langue officielle au Maroc.

Du coup, devant son incapacité – justifiée faut-il dire – à rapidement construire les liens entre les mots écrits et le dictionnaire linguistique préconçu chez l’enfant dans sa langue parlée (la darija), celui-ci cumule petit à petit des lacunes linguistiques qui pourraient se traduire, avec le temps, par l’abandon du goût pour la lecture et l’apprentissage, et donc par l’échec scolaire.

La solution serait donc, selon les experts interpellés dans ce domaine, d’introduire la darija comme langue écrite dans les établissements scolaires au lieu de l’arabe classique. L’Edito de Tel-Quel #430 en fait un bref résumé : http://www.telquel-online.com/430/edito_430.shtml


Pour les personnes « Contre » :

Il ne s’agit pas du nombre de langues à apprendre à l’enfant dès son jeune âge. En effet, les enfants ont une capacité extraordinaire à apprendre plusieurs langues avant l’âge de six ans. Mais ceci suppose que l’enfant soit initié à l’école à un âge précoce grâce à l’enseignement préscolaire. Au Maroc, les crèches et jardins d’enfants privés ne manquent pas dans les grandes agglomérations. Concernant le secteur public, le Ministère de l’Education Nationale, en collaboration avec la Fondation Mohamed VI, a lancé le projet des jardins d’enfants publics pour qu’à l’horizon 2013, 50% des enfants marocains aient accès à l’enseignement préscolaire.
Avec ces données, l’argument de l’incapacité de l’enfant à apprendre plusieurs langues est affaibli.

Le second point avancé par les participants au débat est le danger de perdre le patrimoine culturel cumulé dans les ouvrages écrits en langue arabe classique. En effet, qu’adviendrait-il des savoirs en sciences humaines principalement écrits en arabe ? Faut-il tout simplement les jeter à la poubelle ? Convaincre nos enfants de leur inutilité ? Ou bien procéderait-on à une traduction de ces ouvrages en français et en darija, et à quel coût ?...


C/C: La question reste difficile, je l’avoue, mais les grands traits de la raison font surface, et l’on arrive tout de même à distinguer entre les décisions hâtives et peu réfléchies, et celles qui requièrent plus de médiation, de questionnement et de calcul. N’est-ce pas ?...

Wednesday, June 16, 2010

Sondage - Etude

Ce sondage rentre dans le cadre d’une étude sociologique sur le Maroc. Je vous prie de prendre deux minutes de votre temps pour le remplir, et le diffuser ensuite à vos contacts.

Merci !!

Saturday, June 5, 2010

Al Massira School - Update

Petit briefing sur la dernière activité à l’école Al Massira. Il y a à peu près dix jours :

Objectif : Apprendre aux élèves un nouveau vocabulaire à travers une activité artistique.

Activité : Création d’un jeu de cartes – le jeu des sept familles – appliqué à des fruits, légumes, et formes.

Durée : 1h30min

Nous avons travaillé en trois groupes de quatre élèves. Après découpage des cartes, chaque groupe a été assigné une famille spécifique : Les fruits, les légumes, ou les formes.

Ainsi, la famille des légumes comprendra « Le Père Aubergine », « La Mère Pomme de Terre », …etc. Sur chaque carte, les élèves ont dessiné un des membres des trois familles. En voilà un petit aperçu en images :









Mon retour sur expérience : Les élèves ont aimé l’activité, je suppose parce qu’elle les a fait sortir de la routine de la classe, et aussi parce qu’ils se sont amusés tout en apprenant de nouvelles choses. Mais cette séance a été particulièrement fatigante, apparemment j’ai encore beaucoup à apprendre en matière de gestion des activités d’enfants :-)